A

Artan de Saint-Martin, Louis (La Haye 1837 – Oostduinkerke 1890)
Peintre de paysages, Artan se consacre principalement aux représentations de la mer du Nord. Artan est un ami intime de Rops dès le début des années 1860. Ayant vécu à Spa avant de s’installer à Bruxelles en 1863, il est proche de Léon Dommartin qu’il met en contact avec Rops vers 1865. En 1868, il participe avec d’autres artistes du milieu bruxellois (Louis Dubois, Alfred Verwée, Constantin Meunier, etc.) à la création de la Société libre des Beaux-Arts(1868-1876), un groupe d’artistes en faveur du réalisme et d’une peinture de paysage libérée des conventions académiques. En 1869, il est membre du comité administratif de la Société internationale des Aquafortistes (1869-1877) fondée par Rops. Sa pratique de la gravure se limite néanmoins à sa collaboration à l’illustration de La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs de Charles De Coster en 1867. Vers 1875, Artan, désireux d’établir sa renommée à Paris, rejoint temporairement Rops dans son atelier, rue du Bac. Il revient en Belgique dans le courant de l’année 1876. Comme Rops, il participe aux expositions de La Chrysalide (1876) et du groupe des XX (1884, 1887).

B

Bonvoisin Maurice, dit Mars (Verviers 1849 – Monte-Carlo 1912)
Fils aîné d’un industriel du textile verviétois, Maurice Bonvoisin mène de front jusqu’à l’âge de 32 ans une carrière d’homme d’affaires et de dessinateur humoristique. Il publie ses premières caricatures, sous le pseudonyme de Mars, en 1872 dans Le Monde comique et collabore ensuite au Journal amusant et au Charivari. Il rencontre Rops vers 1874. Sous l’impulsion de ce dernier, il s’initie à la gravure dans les années 1875-1876 et publie plusieurs eaux-fortes dans les albums de la Société internationale des Aquafortistes (1869-1877). En 1881, il déménage à Paris sur les conseils de Rops et s’y forge une réputation internationale dans le domaine de la presse illustrée. Bonvoisin a été l’un des collectionneurs et marchands les plus importants de Rops, assurant la vente de dessins majeurs tels que Pornocratès, La Saisie ou Le Scandale. Selon Péladan, sa collection comprenait en 1896 « 2000 planches environ » soit « la moitié de l’œuvre » de l’artiste. Sa collection vendue publiquement en 1913 comporte près de 174 œuvres et livres de l’artiste. Rops adresse au moins 183 lettres à Bonvoisin entre 1874 et 1884. La correspondance échangée entre les deux hommes livre de nombreuses informations sur la technique du dessin et les pratiques commerciales de Rops.

C

Cadart Alfred (Saint-Omer 1828 – Paris, 1875)
Graveur, éditeur et marchand parisien, Cadart a joué un rôle essentiel dans le renouveau de l’eau-forte au 19ème siècle. La Société des Aquafortistes, fondée à Paris avec l’imprimeur Delâtre et le graveur Bracquemond en 1862, a son siège chez Cadart qui en édite les fascicules mensuels et albums. De 1863 à 1866, il publie environ 240 planches. Le siège de la Société est aussi un lieu de vente et d’exposition pour l’estampe moderne auprès d’un public mondain. En 1863, placé par l’écrivain Alfred Delvau, Rops y expose une lithographie et plusieurs dessins dont Un enterrement au pays wallon et Un Monsieur et une Dame. Rops semble se rapprocher davantage de Cadart en 1865, date à laquelle il devient membre de la Société des Aquafortistes. À la fin de 1867, des dissensions avec Delâtre, entraînent la dissolution de la Société. Cadart fonde alors L’Illustration nouvelle (1868-1881), une publication que soutiennent Desboutins, Bulhot et Rops, puis, en 1874, L’eau-forte en 18…, des albums annuels consacrés à l’eau-forte. En 1869, Rops, s’inspirant de la Société initiée par Cadart, fonde la Société internationale des Aquafortistes (1869-1877) à Bruxelles. Cadart y participe en soutenant ses publications et en jouant un rôle d’intermédiaire entre les membres belges et français. En 1869, peut-être à la demande de Rops, Cadart réalise un retirage des gravures illustrant La Légende d’Uylenspiegel de Charles De Coster. Cadart confie à Rops l’illustration de l’ouvrage d’Alexandre Piedagnel J.F Millet Souvenirs de Barbizon édité en 1876. À la mort de Cadart en 1875, les Aquafortistes belges lui rendent hommage et la veuve Cadart fait paraître une publicité pour les publications de la Société internationale des Aquafortistes dans son catalogue commercial de 1876. Cette dernière, avec l’aide de son fils Léon Cadart, reprend l’entreprise de son mari jusqu’à sa faillite en 1882. Durant cette période, Rops continue à passer par son intermédiaire pour la reproduction et la vente d’œuvres (voir, par exemple, les lettres : 0237, 0471, 0475, 0553). Malgré l’interaction évidente entre Rops et Cadart, peu de lettres échangées entre les deux hommes ont été recensées à ce jour.

Christophe, Ernest (Loches 1834 – Paris 1892)
Sculpteur français, ami de Charles Baudelaire et d’Auguste Poulet-Malassis. Le poème Danse macabre (1859) de Baudelaire est inspiré d’une esquisse offerte par le sculpteur au poète. Rops le fréquente vers 1874 lorsqu’il s’installe à Paris (voir la lettre 1445).

Corot, Jean-Baptiste Camille (Paris 1796 – Ville d’Avray 1875)
Peintre et graveur français. Corot se spécialise d’abord dans des paysages néoclassiques étoffés de petits personnages. C’est avec ce type d’œuvres, exposées dans les Salons parisiens, qu’il obtient une médaille en 1834 et le titre de Chevalier de la Légion d’honneur en 1846. Vers 1850, alors que l’artiste connaît un succès commercial grandissant, il s’oriente vers la représentation de paysages oniriques caractérisés par des ambiances vaporeuses, des formes suggérées et une touche picturale perceptible qui « annonce » l’impressionnisme. En Belgique, ses œuvres sont tant appréciées que décriées. Elles sont exposées dans les Salons triennaux (1856, 1860, 1869, etc.) et font l’objet de nombreuses acquisitions auprès des collectionneurs. Comme d’autres peintres belges de sa génération, Rops associe l’artiste à sa propre expérience de la peinture de plein air et l’admire : « […] mes grands artistes sont Corot et Millet – puis Delacroix Rousseau & Courbet » affirme-t-il en 1880 (lettre 2920). Dans une lettre à Léon Dommartin, Rops dit n’avoir rencontré Corot qu’une seule fois (lettre 2680). En 1868, Corot est contacté par les artistes de la Société libre des Beaux-Arts (1868-1876) afin de devenir l’un de leurs membres d’honneur. Ce groupe d’artistes bruxellois en faveur du réalisme et d’une peinture de paysage libérée des conventions avait, entre autres, été initié par Rops. Pour ces artistes, Corot incarne, aux côtés de Rousseau et Millet, la « lutte » de la génération de 1830 pour affranchir l’art des règles académiques.

Courbet, Gustave (Ornans 1819 – La Tour-de-Peilz 1877)
Peintre, lithographe et dessinateur français. Toute sa vie, Courbet a prôné une peinture libérée des règles académiques et qui rend compte de la réalité sociale. Son œuvre Les Casseurs de pierre (1849), dépeignant la réalité quotidienne de deux ouvriers dans un format monumental jusque-là dévolu à la peinture d’histoire, suscite de nombreuses polémiques notamment dans le cadre du Salon bruxellois où elle est exposée en 1851. Rops, grand admirateur du peintre, en livre une caricature dans son album satirique Le Diable au Salon (1851). Les deux artistes semblent s’être rencontrés dans les années 1860, années où ils illustrent tous deux l’Histoire anecdotique des cafés & cabarets de Paris d’Alfred Delvau (1862) et se fréquentent au café le « Rat-Mort », Place Pigalle (lettre 3102). En 1868, Courbet accepte le titre de membre d’honneur de la Société libre des Beaux-Arts (1869-1876), un groupe d’artistes fondé entre autres par Rops et dont le but est de promouvoir, en Belgique, le réalisme et une peinture de paysage libérée des conventions. L’héritage de Courbet dans l’œuvre de Rops est bien perceptible. Un enterrement au pays wallon (1864) de Rops, basé sur son précepte esthétique de peindre « ce qu’il voit et ce qu’il sent », réfère tant par sa composition que son sujet à Un Enterrement à Ornans (1850) de Courbet. Les peintures de paysage de Rops montrent aussi un traitement matiériste de la couleur proche de celui du Maître d’Ornans.  

D

Dürer Albrecht, dit Albrecht Dürer le Jeune (Nuremberg 1471 – 1528)
Dessinateur, graveur et peintre allemand également connu comme théoricien de la perspective linéaire. Dans sa correspondance, Rops le mentionne peu mais ses allusions à l’artiste montrent qu’il connait certaines de ses œuvres (dont Le Cheval de la mort) et s’intéresse à ses techniques de gravure (lettres 1732 et 0370).

G

Gouzien, Armand (Brest 1839 – Guernesey 1892)
Compositeur, critique et inspecteur des Beaux-Arts. À partir de 1868, Rops lui adresse 127 missives. Il sera l’un de ses meilleurs amis et un important collectionneur et diffuseur de son œuvre. Après des études de médecine, Gouzien s’oriente vers le journalisme et la critique dramatique et musicale. Fondateur avec Villiers de l’Isle-Adam de la Revue des Lettres et des Arts, il collabore à de nombreux périodiques (L’Événement, Le Gaulois, Le Figaro,…). À partir de 1879, Gouzien est introduit au sein du Ministère des Beaux-Arts où il est nommé inspecteur des théâtres puis, en 1880, inspecteur des Beaux-Arts et commissaire du gouvernement auprès des théâtres nationaux. Lié avec de nombreux écrivains, artistes et notabilités de son temps (Victor Hugo, Armand Sylvestre,…), Gouzien fait connaître le travail de Rops dans son entourage et écoule, tel un marchand, nombre de ses œuvres. Entre 1868 et 1875, ils tentent de lancer ensemble un journal illustré qui doit s’intituler La Vie moderne mais qui, faute de soutiens financiers, ne verra jamais le jour. Rops l’accompagne lors de voyages officiels en Hongrie (1879) et en Espagne (1880) et découvre la Bretagne en sa compagnie. Il réalise en 1876 l’en-tête du Journal de Musique fondé par Gouzien. Il lui rend hommage au sein de plusieurs planches : La Muse en crinoline [E.559]], L’Amour-orchestre [E.560], L’Amour harpiste [E.561] et Fantaisie sur Gouzien [E.846]. Sa collection d’œuvres de Rops constituée d’au moins 367 eaux-fortes et de 22 dessins et peintures est vendue publiquement après sa mort en 1893.

P

Picard Edmond (Bruxelles 1836 – 1924)
Avocat à Bruxelles, professeur de droit à l’Université libre de Bruxelles, sénateur socialiste (1895-1905) et écrivain. Rops lui adresse une soixantaine de lettres entre 1878 et 1892. Animateur de la vie culturelle belge entre 1880 et 1890, il fonde la revue L’Art Moderne où paraissent des articles en faveur d’un art libéré des conventions académiques. Avec Octave Maus, il crée le Groupe des XX (1883) et La Libre Esthétique (1893) à l’initiative de nombreuses expositions. Son salon de l’Avenue de la Toison d’or à Bruxelles est fréquenté par de nombreux artistes. Collectionneur de Rops à partir de 1878, il acquiert, entre autres, L’Attrapade, La Tentation de Saint-Antoine et Pornocratès. En véritable promoteur de son art, il vend ses œuvres dans son entourage et lui consacre plusieurs articles dans L’Art Moderne. C’est vers lui que Rops se tourne en 1883 en vue d’un soutien institutionnel pour l’obtention de la Légion d’honneur française (lettre 2304). En 1887, dans le cadre du salon des XX, il expose deux dessins de Rops sans son autorisation ce qui lui vaut les foudres de l’artiste (lettre 2310).

S

Sichel, ? (? – ?)
D’après la correspondance de Rops, Sichel est un marchand de tableaux parisien et ami d’Armand Gouzien (lettre 3117). Rops le mentionne à six reprises entre 1876 et 1878, période à laquelle Sichel semble avoir été un intermédiaire potentiel pour la vente de ses dessins. D’après une lettre de Rops à Bonvoisin, Pornocratès a transité chez lui en 1879 (lettre 3122). Il pourrait s’agir de Philippe Sichel (1840-1899) ou d’Auguste Sichel (1836-1886), deux frères marchands d’art spécialisés dans les objets d’Extrême-Orient. De plus amples recherches sont encore nécessaires pour l’identifier.