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#5 – Maurice Bonvoisin dit Mars, collectionneur de Rops : Le Scandale

Le Scandale
L’Experte en dentelles
Tête de vieille Anversoise

Comme vous le savez peut-être, l’exposition Mars (1849-1912). Dessinateur et collectionneur de Rops est prolongée jusqu’au 23 août 2020. Une occasion supplémentaire de découvrir la correspondance échangée entre Maurice Bonvoisin (dit Mars) et Félicien Rops, via ropslettres.be, mais aussi de s’intéresser aux œuvres majeures qui ont transité par ce collectionneur passionné. Après Pornocratès, c’est au tour du Scandale d’être sous le feu des projecteurs épistolaires…

Aujourd’hui conservée à la Galerie Arwas à Londres, cette œuvre est singulière au vu de l’ensemble de la production de l’artiste. Rops qualifiait lui-même ce dessin de « tout spécial ». Le 23 avril 1879, il écrit à Maurice Bonvoisin :

« Le dessin du Scandale est bien curieux et le seul que j’aie fait dans ces colorations-là. Je suis certain qu’il va t’étonner à cause de son étrangeté. » (3146)

Pour lire l’entièreté de la lettre : n° d’éd. 3146.

Outre ses nouvelles explorations techniques, son sujet qui traite de « quatre vieilles femmes se racontant dans une vieille chambre flamande à tapisserie rouge “la bonne petite nouvelle scandaleuseˮ costumes hollando-flamands » (Pour lire l’entièreté de la lettre : n° d’éd. 1435) n’est pas sans rappeler L’Experte en dentelles (1873) et la Tête de vieille Anversoise (1873).

De par son thème traditionnel, Le Scandale rentre ainsi dans la continuité des grands peintres flamands et hollandais du 17ème siècle.

Quoi qu’il en soit, cette œuvre est « un dessin qui n’aura pas son pendant » car Rops est alors « en pleine transition ». Il conclut sa correspondance à ce sujet par : « Je ne peux le juger & je ne le montre à personne, il me semble qu’on ne comprendra pas ce que j’ai voulu faire. Si tu ne prends pas ce dessin, je voudrais le garder pour moi parce que je sais ce que j’ai voulu faire, ‒ et cela me plaît. » (Pour lire l’entièreté de la lettre : n° d’éd. 3148) Maurice Bonvoisin achètera le dessin et le vendra à un certain Auguste Tricaud, du moins, il figure dans le catalogue de sa vente publique qui a eu lieu à Paris en 1897. Le Scandale sera alors acquis par Lord Carnarvon, un égyptologue britannique.

Si vous souhaitez une analyse plus détaillée du Scandale, la Chronique de la revue du musée ainsi que l’enregistrement de l’audioguide réalisé par Émilie Berger, attachée scientifique du musée Rops sont disponibles ici :