N° d'édition 2655

  • Expéditeur
    Félicien Rops
  • Destinataire
    [Léon?] [Dommartin?]
  • Lieu de rédaction
    s.l.
  • Date
    [1875]/00/00 [+]
    Datation sur base du cachet de l'apostille.


Texte

[1r° : 1]

Mon Cher Vieux,

Tu m’as répondu ! – tout est oublié ! Tu vois que je te réponds vélocipèdement. Je t’écrirai plus longuement plus tard. N’oublie pas mes vêtements c’est d’une importance extreme. En outre rends-toi je te prie rue de Namur chez Bourguignon Md de couleurs, (c’est la cinquième ou sixième maison « à main gauche » en venant de la porte de Namur. Tu lui demanderas quatre tubes de « Sang de Dragon » ; je n’en trouve pas à Paris & avant mon départ j’avais demandé à Mlle Bourguignon de m’en faire broyer quatre tubes. Seulement j’ai été très pressé au dernier moment, & ne voulant pas manquer le convoi comme un simple Dommartin je suis parti sans mes « Sang de Dragon ». Je ne serai à Anseremme que le 1er Septembre mais j’y serai le 1er Septembre sans aucune faute, – je partirai le 30 Aout. Si tu as des vacances à prendre, tâche donc de les prendre à cette époque.

Quant à Adèle Boussingault, c’est une

[1v° : 2]

sotte & l’on a réellement tort de s’intéresser à des animaux de ce calibre. Au moment de mon départ pour Paris en novembre je lui devais 1,000 frs environ. Comme j’avais de l’argent que venait de m’avancer Camille Blanc sur les tableaux commandés, je lui ai offert de la payer de suite, elle m’a supplié de garder cet argent comme mis en dépot chez moi, me priant de n’en rien dire à sa sœur & à son frère, et qu’elle n’en aurait pas besoin. Je lui ai signé un billet qu’elle ne me demandait pas, reconnaissant lui devoir cette somme. – Elle m’a prié dans le courant de l’année & sans me prévenir de lui envoyer de l’argent, je ne lui en ai pas envoyé parce que je n’en avais pas de disponible dans ce moment. Et voilà que cette grande niaise se met à faire des potins !

Tu vas me faire le plaisir de lui remettre le petit mot ci-joint & de prendre avec elle les arrangements qui te conviendront pour le payement de cette dette. Je suis las de tout cela & je crois même que je ne prendrai plus ma table chez elle. Je te prie en outre d’expliquer clairement les faits à Fontaine & Pantazis, & à tous ceux auxquels elle aurait pu en parler sans oublier Hagemans.

[1v° : 3]

Je crois du reste que je ne prendrai plus ma table chez elle pour lui apprendre à tenir sa langue d’une façon décente.

Lave lui la tête & dis lui qu’en apprenant tous ces potins, j’étais furieux & je ne voulais plus remettre les pieds à Anseremme. Et voilà une maison que nous avons faite ! Je t’écrirai plus longuement Lundi ou Mardi. –

Flanque le « Sang de Dragon » dans la Caisse à Gouzien en l’enveloppant très fortement.

Je te serre bien la main Cher Vieux À bientôt une plus longue lettre. N’oublie pas que je tiens à ce que nos vacances Anseremmoises coïncident. –

Re-À toi

Fély

N’oublie pas mes feuilles de vigne Brassiniennes.

Monsieur
Léon Dommartin
Rédacteur –
108. Boulevard du Nord
Bruxelles.
Belgique